J12 (19 novembre) : Tulum

Le soleil s'est levé vers 5 heures et demie, derrière un rideau de nuages qui masquaient l'horizon au-dessus de la mer, et n'est apparu que déjà haut dans le ciel. Il a brillé toute la journée, notamment lorsque nous nous sommes rendus sur le site archéologique de Tulúm, qui signifie "enclos", "tranchée" ou "muraille". Mais son nom original, Zama, une déformation du mot Zamal, veut dire "matin" ou "aurore".
Située à 127 km de Cancún et à 47 km au sud-est de Coba, sur un escarpement rocheux dominant la mer, la ville était entourée d'une muraille sur trois côtés, le quatrième étant protégé par la côte. Le site s'est fortement développé entre le XIIème et le XVIème siècle, au cours de la période post-classique et a même perduré dans les premières années de la conquête espagnole. Les édifices plutôt horizontaux sont sans grandes variantes décoratives. Le style combine des moulures délimitant une frise lisse ou associée à quelques décorations.



   Un des nombreux gardiens des lieux...
Comme dans les autres villes mayas, les habitants étaient divisés en trois groupes bien différenciés : la classe dominante, représentée par les dynasties de gouvernants, et la noblesse chargée du gouvernement, de la religion, de la guerre et du commerce lointain, la classe intermédiaire s'adonnant à la production artisanale, au commerce local et au service personnel de la classe dominante, et la classe inférieure, chargée du service de l'agriculture, de la pêche et de la chasse. Seules les classes sociales les plus élevées (350 personnes) habitaient dans l'enceinte fortifiée. Le passé doit laisser inconsciemment des traces, car aujourd'hui encore, les "no pasar" foisonnent, réservant le saint des saints des ruines à une élite, alors que le champ ouvert aux visiteurs se réduit, comme en témoigne la présence de panneaux explicatifs dans des parties du site devenues inaccessibles pour eux !
La religion a eu une fonction essentielle à en juger par les nombreux temples, sanctuaires, oratoires et autels. On y trouve la référence à un "Dieu Descendant" représenté sur le fronton du temple qui lui est dédié, la tête en bas. Son identité n'est pas connue avec certitude.

    Une infime partie du panthéon maya

Après la conquête espagnole, Tulúm s'est dépeuplée progressivement et il ne lui est plus fait référence avant 1840. Pendant la Guerre des Castes du Yucatán (1847-1928), Tulúm a été occupée par les Mayas rebelles et est devenu un important sanctuaire pour le culte de la "Croix parlante", entretenu par la présence d'une indigène reconnue comme "sainte patronne", voire comme "reine de Tulúm", Maria Uicab.
Nous avons pénétré sur le site par un des cinq accès ménagés dans la muraille (large de 6 m et haute de 4 sur plusieurs centaines de mètres !), un passage étroit et voûté, et avons passé une heure et quart sur place, à découvrir les principaux édifices. L'ensemble est dominé par "le Château", qu'entourent différents temples (Temple du Dieu Descendant, Temple de la Série initiale, Temple du Vent, Temple de la Mer) et des maisons (Maison de l'Halach Uinic - le Souverain -, Maison du Cénote, Maison des Colonnes, Maison du Chultun). Bien entretenu, le site en lui-même est impressionnant et historiquement essentiel dans la civilisation maya, mais il ne m'a pas autant ému que certains, peut-être parce que, situé en zone touristique, on y cotoie de nouveau des foules moutonnières et des guides envahissants. Cela nous a coupé l'envie de prendre un bain de mer sur place, comme nous en avions la possibilité, pour retrouver plutôt la plage très tranquille de l'hôtel Azulik.

Après être retournés déjeuner de tacos sur des sacs en plastique, à Los Aguachiles, nous avons acheté un hamac d'intérieur. Nous avons constaté dans différents hôtels qu'il était finalement agréable d'avoir dans sa chambre, en plus du lit, un hamac. L'après-midi était déjà bien avancé quand nous avons rejoint notre "cabana", dont nous avons choisi de profiter un maximum pour notre dernière journée complète dans le Yucatán en alternant plage et terrasse. Nous avons dîné dans un restaurant voisin, "Zamas", qui mériterait une étoile dans le Guide Michelin ou d'être cité en bonne place dans le Gault et Millau local, avant de prolonger la soirée, en ne se lassant pas du spectacle qu'offrait depuis notre terrasse la pleine lune se reflétant dans la mer.

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