J13 (20 novembre) : Tulum -Coba - Cancun

   Dernier lever du soleil...

Après un ultime bain dans la Mer des Caraïbes, nous avons quitté notre petit coin de paradis pour visiter un dernier site archéologique maya, à une quarantaine de kilomètres, Cobá ("eau abondante"). Son nom complet pourrait être Kinchil Cobá, en référence au Dieu du Soleil maya, K'inich Ajaw. La cité s’étendait sur 80 km2 et développa un réseau de 45 sacbeob (pluriel de sacbe, route empiérée et surélevée) permettant de circuler entre les différents ensembles, mais aussi de se rendre vers les sites satellites. Le sacbe vers Yaxuna mesurait 100 km. Les archéologues pensent que la population de Cobá aurait atteint 50 000 habitants (et peut-être plus) lors de son apogée et peut être comparée à Chichen Itzá, son éternelle rivale. Le site aurait été occupé par des groupes humains dès le Ier siècle av. J.C. comme l’indiquent les traces de plateformes basses et de constructions en bois et en palmier et les datations des céramiques les plus anciennes. La plupart des monuments de la cité furent construits à l'époque classique de la civilisation maya (entre 500 et 900 après J.C.). Nombre d'inscriptions sur les stèles de la cité datent du VIIème siècle. Entre 200 et 600, Cobá devint l’une des plus puissantes cités des Basses Terres du Nord. Elle semble avoir exercé un très fort contrôle territorial sur tout le Nord de l’actuel État du Quintana Roo et sur l’Est duYucatánCobá aurait contracté des alliances militaires et matrimoniales puissantes avec les grandes cités de Tikal, Calakmul ou Dzibanché. Dès le VIIème siècle, la montée en puissance des cités Puuc du Yucatán (Uxmal, Edzna, Izamal, Becan…), puis le développement de Chichen Itzá modifièrent les rapports de force dans la péninsule. Après l’an 1000, la cité perd de son importance politique, mais elle semble avoir conservé une grande importance symbolique et religieuse qui lui permit de renaître entre 1200 et 1500. De nombreux édifices du style "Côte orientale" datent de cette époque. Cobá se trouve particulièrement bien située sur la route commerciale entre les côtes de la Mer des Caraïbes et les cités duYucatán. C'est sans doute, en partie, pour cette raison que Cobá est restée un site majeur de la région durant la période postclassique (1000 – 1450) et jusqu’à l’arrivée des conquistadores, à la différence de son adversaire Chichen Itzá dont l’importance fût éphémère. Lorsque les Espagnols renforcèrent leur occupation du YucatánCobá avait été totalement laissée à l’abandon par ses habitants. La présence des cinq petits lacs (Cobá, Macanxoc, Cacalpuc, Yaxlaguna et Xcanh) avait été particulièrement propice au développement de la cité, en fournissant l’eau nécessaire aux nombreux habitants et en facilitant les activités, notamment l’agriculture.
Seule une petite partie du site a été fouillée. La cité est structurée en différents ensembles qui ont non seulement une relation chronologique entre eux, mais aussi une relation urbanistique. Ils sont distants d'un ou deux kilomètres les uns des autres et tout un "business" local s'est créé afin de permettre aux visiteurs qui n'ont pas nécessairement l'entraînement des marcheurs de Compostelle, de se déplacer en vélotaxi ou en louant des bicyclettes.
Ayant de toute façon épuisé nos pesos et fort de notre entraînement, nous avons opté pour la marche, quitte à prendre une bonne suée, tout en profitant pleinement une dernière fois de la forêt tropicale...
Nous avons d'abord vu un groupe presque exclusivement résidentiel, le Grupo Cobá, dont l'édifice principal est une pyramide de 24 mètres de hauteur, dite "l'Eglise", et qui a aussi un petit Jeu de pelote bien conservé. D’autres ensembles ont des fonctions cérémonielles ou funéraires. Jusqu’à ce jour, on aurait découvert plus de 30 stèles malheureusement érodées, des autels et des panneaux gravés, hélas très abimés, le tout environné d'une forêt, qui semble s'étendre à perte de vue et conserve un caractère sauvage.

   La cible du jeu de pelote


Le Grupo Nohoch Mul ("grande élévation" en maya) est dominé par le temple éponyme, qui est la pyramide la plus haute de toute la région maya, avec ses 42 mètres de haut (120 marches !). La première partie (30 mètres) a été construite durant le Classique ancien (200 à 600 après J-C), certainement pour célébrer le pouvoir sacré des dignitaires de Cobá et pour servir de dernière demeure aux membres de la lignée dirigeante. Au sommet, a été édifié postérieurement (entre 1200 et 1550) un temple, qui lui donne sa hauteur actuelle. Une gravure taillée dans la pierre représente le Dieu Plongeur appelé également Dieu Descendant, associé à la planèteVénus et aux dieux du miel, et vénéré également à TulumNous avons fait l'ascension en suant à grosses gouttes. Du sommet la vue sur la forêt est impressionnante.



Le Grupo Las Pinturas est un ensemble d’édifices construits durant le Post-Classique récent. Son nom fait allusion aux fragments de fresques observés à l’intérieur du temple principal du groupe. Bien que ses dimensions soient modestes, cet ensemble est remarquable car il regroupe les monuments les plus récents de Cobá. Ils furent construits avec les pierres de taille et des matériaux des temples plus anciens. La présence d'une plateforme avec une fondation ayant un style typique de Teotihuacan montre que Cobá était en contact avec la grande cité du centre du Mexique.
Le Grupo Macanxoc se compose de plateformes basses avec de petits temples et autels dont la majeure partie est liée à des stèles commémoratives d’événements touchant les classes dirigeantes de Cobá. La structure la plus remarquable est la pyramide Xaibé aux angles arrondis. Le site pourrait avoir été dédié à des cérémonies funèbres.
Olivier a fait une nouvelle moisson de photographies d'écorces et a dû se faire violence pour s'interrompre sur sa lancée, car le temps passait et il était déjà plus de 15 heures. La marge de sécurité pour rejoindre l'aéroport avant l'heure limite de dépose des bagages (18 heures) était déjà réduite, compte tenu de la distance à parcourir, du nombre de villages à traverser à vitesse nécessairement très réduite (qui dit traversée de village, dit au bas mot, cinq ralentisseurs), de la nécessité de nous changer (ce que nous avons fait rapidement au bord de la route) et de compléter le réservoir d'essence. C'était compter sans l'imprévu qui a voulu que nous nous retrouvions sur une mauvaise autoroute sans "retorno" salvateur avant une bonne vingtaine de kilomètres (une trouvaille qui n'existe pas sur nos autoroutes compte tenu du trafic et des règles de sécurité, et qui permet de faire demi-tour directement grâce à un aménagement de la  bande centrale pour revenir sur ses pas). Nous en avons été quitte pour un détour d'au moins 50 kilomètres qui m'a contraint à des pointes de vitesse bien au-delà des 110 km/h autorisés, sans lesquelles nous n'aurions jamais eu notre vol, puique nous nous sommes présentés à l'enregistrement, après avoir rendu la voiture, à 17 heures 55…









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