J7 : Campeche - Edzna - Xpujil

Après avoir testé hier la "cena" (le dîner), nous sommes retournés ce matin à La Parroquia pour prendre le "desayuno", puisque l'établissement est ouvert en permanence 7 jours sur 7. 

Nous avons fait ensuite de nouvelles emplettes vestimentaires (chemises et pantalons traditionnels en cotonnade) avant de reprendre la route pour une étape d'environ 300 kilomètres, ponctuée de plusieurs arrêts.

Le premier, à 50 kilomètres au sud-est de Campeche nous a permis de visiter le site archéologique d'Edzná. Son nom est sans doute dérivé de Itzná, la "maison des Itzáes", la "maison des hommes qui connaissent l’eau". Fondée en 600 av. J.C., elle fut occupée jusqu'au XVème siècle. Elle couvrit jusqu'à 25 km² et compta jusqu'à 70 000 habitants. Sa grande acropole, la richesse de ses constructions et de leurs styles permettent de se faire une idée de l’extraordinaire pouvoir politique, économique et religieux de cette cité. Elle disposait d'un système complexe de captation de l'eau et de distribution de l'eau pluviale. Elle fut découverte en 1907, explorée à partir de 1928, mais les premiers travaux de réhabilitation ne commencèrent qu'en 1958. On y trouve un des rares exemples au Yucatan de pyramide maya (31 mètres de haut) dont les étages sont pourvus de chambres voûtées. Ses masques de stuc, son jeu de balle, son amphithéâtre et son système complexe de canaux placent ce site au sein de l’élite des villes précolombiennes les plus avancées du Mexique. La concentration des principaux édifices à l'est de la place centrale (de 160 m. de long et 100 m. de large) s'explique par l'importance accordée à ce point cardinal chez les Mayas.




Edzná, grâce aux glyphes décorant certains frontons, a permis de mieux comprendre l'écriture maya. Cette écriture hiéroglyphique comporte des éléments idéographiques et phonétiques qui n'ont pas encore été totalement déchiffrés et certains glyphes possèdent des valeurs interchangeables. Avec ces éléments, les Mayas ont mis en forme des textes accompagnés d'annotations chronologiques, recueillant ainsi l'histoire, les mythes et la généalogie de leurs gouvernants, mais il est probable que cette écriture complexe n'était comprise que par l'élite (prêtres notamment).




En chemin, nous nous sommes trouvés vers 13 heures, à traverser, par curiosité, une petite localité, située en marge de la route, dénommée Pich. Eh bien, dans cet endroit totalement "improbable", il y avait un restaurant tout aussi "improbable" baptisé "La Casona", qui nous a servi de copieuses et excellentes "fajitas de pollo" (galettes de maïs que l'on garnit, avant de la rouler, de morceaux de poulet, en y ajoutant un peu de guacamole, de purée de haricot rouge et quelques gouttes de sauce pimentée verte) et nous a proposé, à défaut de jus de citron pressé, une "jamaïca" ! Quelle ne fut pas ma surprise de reconnaître le goût du bon vieux carcadet égyptien / bissap malien : il s'agit d'une infusion glacée et sucrée de feuilles d'hibiscus !


Nouvel arrêt impromptu, quelques kilomètres plus loin, à Laureles pour voir de plus près le… cimetière ! Nous en avions aperçu plusieurs, ailleurs, sans pouvoir nous arrêter, mais celui-ci s'offrait à nous. Etonnant ! Les tombes sont peintes de couleurs vives. Une ambiance festive prédomine. De fait, le jour des Morts, le 2 novembre, les familles se réunissent autour des tombes, pique-niquent auprès de leurs défunts, certaines passent, paraît-il, sinon toute la nuit, du moins une partie, à jouer de la musique et bavarder. Douze jours après, malheureusement, les reliefs de cette journée et de cette soirée étaient encore là : sacs et bouteilles en plastique, emballages en tous genres jonchaient toujours le sol pour le plus grand bonheur des chiens errants très nombreux dans la région…


Nous avons poussé ensuite jusqu'à Hochob, un site archéologique si secondaire que nous étions les deux seuls visiteurs de la journée et qu'hier, le malheureux gardien qui travaille seul, une semaine sur deux, sans interruption (24 heures sur 24) n'avait vu personne. Il en fut de même plusieurs jours de suite au cours de la première quinzaine de novembre. Nous sommes remontés jusqu'à la fin juin dans le registre des visites pour trouver trace de deux autres Français… Il a de l'eau dans une citerne, mais sa seule source d'électricité est une lampe à gaz… Notre visite a été une aubaine et l'a sorti de sa solitude. Hochob signifie "le lieu où on cultive le maïs". Le site est de petites dimensions et seule une "structure" présente un intérêt car elle illustre bien l'architecture mayade style "Chenes". La porte du temple à la forme monstrueuse du dieu e. J'avoue avoir personnellement un peu de mal à distinguer les subtilités qui différencient les différents styles architecturaux mayas, notamment le Chenes et le Puuc. Les spécialistes en distinguent quatre autres : Péten, Palenque, Río Bec et maya-toltèque !

L'incontournable orage du jour nous a surpris sur la route entre Hochob et Xpujil (prononcer Chpoujil), avec la même intensité que ces derniers jours. La visibilité est très réduite car les essuie-glace ne parviennent plus à dégager l'eau qui tombe en trombe sur le pare-brise. Le conducteur doit faire preuve d'une vigilance de tous les instants, d'autant que la route est truffée de nids de poules qui apparaissent au dernier moment et l'obligent à slalomer. En outre, dans les villes et villages, il doit guetter les "topes" et "vibradores", pas toujours signalés, et multipliés à l'extrême, qui sont dans le premier cas des dos d'âne particulièrement élevés et dans le second, des ralentisseurs bien marqués.

    Juste avant...

   Pendant...

Nous sommes arrivés de nuit, vers 17 heures 45, à l'hôtel Río Bec Dreams, à  une dizaine de kilomètres d'Xpujil, où Olivier avait réservé une "cabanas". L'établissement, en pleine jungle, est tenu par un couple de Canadiens anglophones. Pour changer un peu, nous avons dîné d'un poulet…tandoori assaisonné à la cardamone et à la cannelle et accompagné de fruits (pommes, bananes, papayes)… En dessert, je garde un souvenir ému de la mangue cuite dans le crème de coco avec un peu de liqueur…

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