Nous avons fait une petite pause dans notre périple en passant la journée à Merida. La ville le justifie amplement. Elle fut fondée le 6 janvier 1542, par Francisco de Montéjo (le fils)[1], sur le site de la ville maya de T'ho, également connue sous le nom de Ichcaanzihóou "ville des cinq collines", se référant à cinq pyramides. Cette fondation marqua l'occupation définitive de la région par les Espagnols. Les pierres sculptées mayas de l'ancienne T'ho ont été largement utilisées pour construire les bâtiments coloniaux espagnols, abondants dans le centre historique et assez bien préservés. Merida a bâti sa prospérité à la fin du XIXème siècle et au début du XXème siècle, sur la production de l'henequen (connu sous le nom de sisal du nom du port qui en assurait l'exportation).
Mérida est un vaste damier formé de rues droites et de carrés parfaits de bâtisses. Comme à Valladolid, les rues à numéro pair coupent les rues à numéro impair, de sorte qu'il est très facile de s'orienter et d'aller d'un point à un autre. Plusieurs portes marquent l'emplacement de l'ancienne enceinte fortifiée. Malgré la pluie qui s'est à plusieurs reprises abattue sur la ville dans le courant de la journée, l'impression première que nous en avions eue hier soir, s'est confirmée au fil de nos pérégrinations et nous avons été conquis par le charme de ses places, la propreté des rues, la qualité de son architecture, l'ambiance festive qui y règne.
La Casa Montejo, encore occupée dans les années 80 au siècle dernier par des descendants du fondateur de Mérida, présente une façade remarquable avec une série d'atlantes, mais aussi très significative de la colonisation espagnole, puisqu'on y voit deux soldats en armure fouler au pied des indigènes. L'intérieur a été remarquablement réhabilité par une banque. On imagine le fossé existant entre la classe dirigeante espagnole et la population maya.
L'Hôtel de ville (1735) à arcades occupe l'emplacement d'une ancienne pyramide dont les matériaux furent utilisés en particulier pour la construction de la cathédrale et de la maison Montejo. Construit sur l'emplacement des anciennes maisons royales, l'actuel Palais du Gouverneur fut inauguré en 1892. Vingt-sept tableaux muraux retraçant l'histoire violente et même sanglante des Mayas ornent le salon de l'Histoire et les corridors.
Nous avons également visité le Musée des arts populaires et pu admirer des œuvres étonnantes, produites par l'artisanat local, comme des "arbres de vie" ou des "sirènes de la Nativité".
Nous avons déjeuné sous les arcades d'un restaurant donnant sur la Plaza Grande, tandis que des groupes de danseurs et de danseuses en costumes traditionnels offraient un spectacle devant l'Hôtel de ville. Un nouvel orage violent a interrompu la présentation, tandis que nous dégustions une "crema morisca", spécialité d'un glacier depuis… 1876, qui est un sorbet de lait avec des jaunes d'œufs, de la pâte de goyave ("guayaba"), de la canelle, de la vanille et un doigt de rhum ! Je n'en dit pas plus…
Après une pause à l'hôtel pour y retrouver un peu de calme, nous avons pris la voiture et emprunté le passeo Montejo, présenté comme les Champs-Elysées de Mérida en raison de sa largeur et des bâtiments qui la bordent.
Nous avons ensuite visité le Musée du Monde maya, qui a ouvert ses portes en juin 2012. Il rassemble près de 750 000 objets provenant d’acquisitions, de dons ou de prêts. Il a pour vocation de faire prendre conscience à la population locale de la richesse culturelle de son propre passé. Il rompt avec les stéréotypes répandus en montrant la culture maya non pas comme un vestige archéologique, mais une culture toujours vivante et qui évolue. Il fait la part belle tant à l’archéologie qu'à l’anthropologie et à l’ethnographie. Il présente également des broderies réalisées par les communautés mayas, qui racontent des histoires de leur propre civilisation. C'est aussi un musée interactif qui exite la curiosité du visiteur. On comprend mieux comment cette civilisation, confrontée à un monde hostile (conquête, famine, épidémies) et minée par des divisions internes, a pu néanmoins survivre. Pour autant, nous n'avons pas encore percé les mystères du calendrier maya et encore moins de son écriture hiéroglyphique !
Nous avons dîné dans un restaurant proche de l'hôtel, le Chaya Maya d'une fameuse sopa de lima et d'une assiette de plats yumatèquesavant de terminer la soirée par une nouvelle étape chez un glacier proposant des glaces faites maison à… l'épi de maïs ("elote"). Original et très bon !
























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